Portrait d'officiers publics coutumiers

Lors d'un mariage coutumier

Marie-Jeanne Hnacipan, officier public coutumier (OPC) dans l’aire Paici-Camuki

Titulaire d’une licence en droit, Marie-Jeanne Hnacipan fait partie des premiers officiers publics coutumiers (OPC) recrutés sur concours en 2008 au sein de la direction de la Gestion et de la réglementation des affaires coutumières (DGRAC). La jeune femme de 38 ans, originaire de Lifou, exerce actuellement dans l’aire Paici-Camuki qui s’étend de la côte Ouest à la côte Est, de Koné à Touho, et gère aussi Voh et Kaala-Gomen ! « Nous sommes deux OPC par aire coutumière, voire trois pour les plus grandes. Nous changeons d’affectation tous les deux ans. » Marie-Jeanne exerce un métier de terrain qui exige de nombreux déplacements. « Mon rôle est d’établir des actes coutumiers. Ce sont des actes authentiques qui viennent retranscrire les décisions coutumières prises au niveau d’une famille, d’un clan. Ces documents peuvent concerner l’état civil (naissances, mariages, adoptions, etc.) ou porter sur des questions foncières comme une demande de construction sur terres coutumières », détaille l’agent du gouvernement assermenté. En dix ans, Marie-Jeanne a sillonné presque toute la Nouvelle-Calédonie et ses huit aires ! « J’aime cette mobilité et le contact avec les gens des tribus, mais aussi avec les organismes : les banques, le tribunal… C’est un métier riche en relations humaines. » Même si, maman de deux enfants, elle admet que cela peut être difficile pour la vie de famille. « Mon plus petit garçon me suit partout, mais le changement lui plaît ! ».

Henri Hnanganyan, ancien officier public coutumier en 2013

En ce vendredi matin, Henri Hnanganyan, est tout heureux : il vient de célébrer un mariage.

 

En ce vendredi matin, Henri Hnanganyan, est tout heureux : il vient de célébrer un mariage. D’ailleurs, ce mois-ci, il ne les compte plus… « Rien qu’a  Lifou où je suis allé en renfort, nous avons uni une soixantaine de couples ». Henri, 35 ans, est officier public coutumier à la Direction de la gestion et de la réglementation des affaires coutumières. Sa mission est d’authentifier les décisions coutumières par l’établissement d’actes coutumiers dans son périmètre d’affectation, l’aire Paici-Camuki qui regroupe Poindimié, Koné, Ponérihouen et Touho. Et ce n’est pas une mince affaire car l’officier public coutumier doit tout organiser. « À chaque fois qu’une personne nous sollicite, explique Henri, on instruit le dossier et on fixe ensemble le lieu et la date du palabre. A l’issue des échanges, on écrit la décision. Elle est ensuite signée par tous, avec notre contreseing, et devient un acte authentique. » Mariage, adoption, succession, état civil, foncier : les domaines d’intervention d’Henri sont très variés. « On n’arrête jamais », avoue-t-il avec un brin de fierté dans la voix. Selon Henri, ce nouveau métier, créé en 2007, « se façonne au cas par cas avec nous. Nous entrons dans la vie intime des gens, il faut être discret, respectueux, et savoir ouvrir un espace de dialogue serein ».